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Réseaux sociaux et porno – Idée lubrique ou coup de génie?

Cindy Gallop : En 2009, elle lance son premier site en partant d’un constat très simple : l’accès à la pornographie est extrêmement facile en ligne, y compris pour les enfants, alors que le sexe reste un sujet tabou dont on ne parle que rarement entre amis.

« Tout le monde regarde, personne n’en parle »

Voila qui est bien résumé !

La créatrice du site MakeLoveNotPorn (« Faites l’amour, pas du porno ») était à South by Southwest (SXSW), haut lieu de rencontre sur les nouvelles technologies et le futur du Web, pour faire la promo d’une nouvelle extension de son site, MakeLoveNotPorn.tv, qui a pour ambition d’être un réseau social sur lequel les internautes pourront échanger librement sur le sexe en partageant et en regardant leurs vidéos coquines.

Je veux socialiser le sexe, comme tout ce dont on parle ou ce qu’on partage sur les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou Instagram »

Le premier objectif était donc de démystifier le porno tel qu’il existe actuellement, de montrer que « le sexe de tous les jours » ne ressemble pas à celui que l’on voit en ligne. « Nous voulions montrer la différence entre le porno et la réalité, attaquerles mythes véhiculés par le porno ». Pour lancer son projet, Cindy Gallop avait signé un discours, désormais légendaire, à la conférence TED (contenu explicite) le seul, de son propre aveu, où l’expression « éjaculation faciale » a été prononcée…pas moins de six fois de suite.

MakeLoveNotPorn.tv est en ligne depuis maintenant 6 mois.  Cindy Gallop assure que la « communauté » ne cesse de grandir. On la rejoint en payant pour pouvoir partager une vidéo d’ébats sexuels, seul ou à plusieurs, qui sera modérée et choisie par les équipes du site. Pour regarder les vidéos, il faut également payer : on les « loue » pour une durée limité, et les auteurs reçoivent ensuite une part de l’argent généré par la vidéo en fonction des consultations. Le site possède un premier niveau « Safe for Work », consultable au bureau, sans images inappropriées. C’est seulement une fois membres que les internautes peuvent avoir accès à tout.

De nouvelles fonctionnalités vont bientôt être ajoutées : une version mobile, le fait de pouvoir créer une « playlist sexuelle » et d’en faire cadeau, ou un système de « j’aime » similaire à Facebook, mais pour un moment précis d’une vidéo. « Tout le monde sait qu’un porno ne se regarde pas. Les gens sont occupés à autre chose. Il nous fallait un système simple, qui marcherait de préférence avec une seule main », explique la fondatrice.

Ce sera finalement la barre espace qui fera l’affaire. Pratique isnt’it !

« QUE LE VRAI SEXE FASSE PARTIE DE NOS CONVERSATIONS EN LIGNE »

On peut se demander qui, à part les adeptes d’exhibitionnisme, seraient prêts à faire ces « sex-tapes sociales ». Cindy Gallop estime qu’il s’agit moins de se montrer que de pouvoir parler librement de sexe, un point qu’elle a tenu à souligner plusieurs fois en citant des courriels d’hommes et de femmes qui ont contribué à son site.

« Nous voulons que le vrai sexe fasse partie de nos conversations quotidiennes en ligne », lance-t-elle, y compris, voire surtout, les moment gênants qui n’apparaissent jamais dans les films porno. « Quand on filme un acte sexuel, on ne voit jamais les prises ratées », s’exclame-t-elle, comme « ces longs moments où les hommes se battent contre le préservatif ». (Si toi aussi tu as rigolé en lisant cette phrase c’est que tu l’as vécu)

Cindy Gallop n’a pas peur d’apostropher le « business angel » libertarien Peter Thiel, qui a critiqué le manque d’ambition actuel avec la formule désormais culte : « Nous voulions des voitures volantes, et nous avons eu 140 caractères. » « Je veux dire à Peter que les grandes ambitions existent encore. Je pense que nous pouvons changer le monde à travers le sexe, en le rendant meilleur pour tous », répond-t-elle.

LE PORNO, UNE INDUSTRIE « IMPORTANTE DONC CONVENTIONNELLE »

Bien sûr, le discours idéaliste et légèrement utopique s’accompagne d’une logique économique implacable. Cindy Gallop reste, après tout, un investisseur comme un autre qui veut remporter des parts de marché. Et elle ne le cache pas. Pour elle, le porno « est un secteur économique comme un autre, important donc conventionnel » avec des dirigeants, en grande majorité masculins, « terrifiés à l’idée de prendre des risques ». Son initiative « a pour but de perturber une grosse industrie qui se contente de ses acquis. Cela s’est déjà passé pour la musique, la télévision, le journalisme. Pourquoi pas le porno ? »

Difficile tout de même d’ignorer l’image sulfureuse de l’industrie du porno, malgré ses milliards de dollars de chiffres d’affaires. Cindy Gallop donne moins l’impression de vouloir « battre l’industrie » que de la pousser au changement. Elle se base sur une équation, formulée dans une tribune parue en février dans The Independent, et répétée presque mot pour mot à Austin : « Plus de femmes = plus d’innovation. »

« Les femmes remettent en cause le statu quo, parce qu’il ne leur est jamais favorable. Il y a beaucoup d’argent à se faire en prenant les femmes au sérieux, surtout dans ce milieu. (…) Il faut aider et financer les femmes qui veulent inventer le futur du porno, pour les femmes et pour les hommes. Et on aura peut-être un jour une industrie du porno dirigée par des hommes et des femmes, vendant à des hommes et des femmes. Ce sera à ce moment-là que le porno ne dégradera plus personne. Sauf, bien sûr, si vous avez envie d’être dégradé. » (si la aussi tu as ris, on va commencer a se poser des questions !)

PS : On plaisante, moi aussi je me suis marré, en me disant qu’elle était mine de rien, un peu… non conventionelle !

À propos Kevin Gourdon

Diplomé d'un Master II en e-Commerce à l'IDRAC Lyon, je suis actuellement en charge du Social Media et de la communication digitale chez ITinSell. Community Manager et Chef de projet web-marketing en Freelance, Hybride Geek, je navigue dans l'univers du Social media et du Marketing.

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